Tout droit venue des Etats-Unis, la Cancel Culture ou la « Culture du boycott », déferle sur le net.                                                                            Doit-on s’enthousiasmer ou s’en inquiéter ?

Qu’est-ce que la Cancel Culture ?

La Cancel Culture, c’est boycotter une personne et son œuvre sur les réseaux sociaux, ce qui conduit le plus souvent à l’annulation de ces dernières , sans prescription. 

Pour un tweet maladroit ou un propos jugé non-conforme, n’importe qui peut se retrouver “cancelled“.

Celui ou celle qui est “cancelled” est une personne dont le propos ou l’action a été jugé “problématique”. C’est-à-dire “raciste”, “antisémite”, “homophobe”, “sexiste” etc…

Récemment, le film français Mignonnes (Cuties), a suscité la critique de millions d’utilisateurs de Netflix. Selon eux, il sexualiserait les préadolescentes, appelant à son boycott sur Twitter avec l’hashtag #CancelNetflix (Supprimer Netflix).

— 🥺•°{Miggs…} (@miggsboson) August 20, 2020

Très différente de l’affiche originale pour la sortie française, l’affiche du film sur la célèbre plateforme est à l’origine de la controverse et ne dépeint malheureusement pas le propos du film.

Netflix s’est finalement excusé et a retiré le visuel inapproprié de son site.

Cette nouvelle façon de s’exprimer est-elle une menace pour la liberté d’expression ?

Grâce au mouvement #Metoo depuis 2017, la parole des femmes s’est libérée, notamment avec l’affaire Harvey Weinstein, mettant en cause le producteur américain pour ses agressions sexuelles.

La Cancel Culture s’inscrit dans la même mouvance, avec une grande différence malgré tout.

L’oppresseur devient l’oppressé, il y a d’une part les attaques que subit la personne “cancelled” et d’autre part les usages déplacés des réseaux sociaux.

Cette manière de s’exprimer ne tolère aucun débat objectif. Le but est de faire adhérer des individus à une cause, sous menace d’être à son tour soupçonné de soutenir ce qui est dénoncé.

Paradoxalement, la Cancel Culture peut inquiéter car sous couvert d’une bonne intention, ou de la libération de la parole, elle s’éloigne de la liberté d’expression et de la présomption d’innocence.

Elle estime que la fin justifie les moyens sans porter attentions aux dérives et conséquences qu’elle peut engendrer.

L’affaire Freeze Corléone et la réaction de Valérie Benaïm :

Freeze Corléone, jeune rappeur français, au cœur de la tempête, a été lâché par son label Universal.

Il est également visé par une enquête pour “provocation à la haine”. Cette affaire prend de telles proportions que les autorités françaises s’en mêlent et en font un théâtre politique.

Il y a quelques jours, Valérie Benaïm, chroniqueuse de l’émission Touche Pas A Mon Poste n’a pas mâché ses mots concernant les paroles jugées antisémites du morceau “Freeze Raël” de ce dernier. Elle lui a notamment adressé un “Tu n’es qu’une merde“.

Les propos de la chroniqueuse ont enflammé la toile et contre toute attente, une avalanche de messages haineux s’est abattue sur elle.

Le plus alarmant c’est qu’un homme qui avait harcelé et insulté la journaliste sur les réseaux sociaux s’est rendu au studio de tournage de TMP. Il voulait mettre ses menaces à exécution.

Cette culture du boycott apporte donc sa pierre à l’édifice du cyber harcèlement.

Néanmoins, il ne faut pas tout mélanger. Les dénonciations d’agressions sexuelles ne sont pas des blagues douteuses.

Il y a une différence entre le récit des trois femmes qui dénoncent les violences du rappeur Moha La Squale et un tweet avec un second degré exacerbé. La Cancel Culture doit pas se substituer à la justice.

 

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Sources : madmoizelle.com    slate.fr   purepeople.com   quebec.huffingtonpost.ca   purepeople.com