Le dessinateur argentin Quino est décédé le 30 Septembre 2020 à l’âge de 88 ans. Son personnage emblématique, la petite Mafalda, continuera à bousculer petits et grands.

Des personnages bien campés

J’ai rencontré Mafalda, cette gamine brune et rondelette, quand j’étais jeune adolescent. C’était une bande dessinée sous forme de strips. La petite fille découvre la vie avec ses amis comme Felipe. Il est blond et ses dents lui sortent de la bouche. Il avait plein de rêves d’aventures et était surtout très naïf. Je m’y identifiais beaucoup. Et Mafalda brise ses rêves très souvent.  Il y avait encore le fils du commerçant émigré, Manolito, prêt à tout pour faire du profit, même sur le dos de ses camarades. Mais celle qui m’énervait, c’était Susanita qui ne se projette qu’en épouse d’un bellâtre qui lui assurera une belle vie.

Une héroïne aux prises avec son époque

Tous les personnages campent un stéréotype de personnes que chacun croise dans sa vie. Et, même très jeune, je m’étais attaché très fort à l’univers de Mafalda. Bien qu’elle ait été créée en 1964, son regard critique sur la vie, ses amis, son pays, voire même les relations internationales reste pertinent. Il y a une vraie leçon de vie pour tous, le jeune public mais aussi le plus vieux.

Comment ne pas craquer sur cette fillette aux questions plus grandes qu’elle ? Elle déconcerte ses parents et exaspère ses amis. Mais, malgré sa noirceur, elle saura vous rendre le sourire et redonnera de l’espoir pour le genre humain. C’était là certainement tout le génie de Quino, avoir fait passer ses interrogations d’adulte et ses réflexions contestataires par la bouche de Mafalda.

Une excellente intégrale est disponible chez Glénat. Il y a eu aussi une adaptation en série animée que vous avez peut-être connue sur Canal+ à l’époque.